3 - Repenser la vie

Repenser l'agriculture dans ses écosystèmes

Le producteur de lait

Finalement, j’ai installé mes vaches sur une parcelle jouxtant 4 exploitations céréalières. Je ne suis marié avec personne, et ils sont 4 à être intéressés par mon fumier...
 Mais ce n’est pas vraiment pour faire monter les enchères que j’ai fait ainsi. Cela m’intéressait beaucoup de voir comment les sols allaient réagir à ces apports. En travaillant avec quatre céréaliers différents, chacun faisant les choses à sa manière, je pourrais comparer.

La dégradation des sols me préoccupe beaucoup. Cela correspond à un divorce entre l’homme et la nature. L’agriculture avec l’usage de la jachère brûlis, de la charrue, puis plus tard des engrais chimiques et des pesticides a fait disparaître dans les pires des cas, vers de terre et champignons en quasi-totalité, humus dans une très forte proportion. Nous avions à réinventer une agriculture stimulant la vie du sol et non la tuant. (p.125)

 

Le promeneur

Le trèfle blanc couvrant le sol a évité la prolifération de plantes adventices, de « mauvaises herbes ». La parcelle n’a donc pas eu besoin d’être désherbée. Des plantes adventices sont présentes, mais en faible quantité à chaque fois. Cette variété végétale favorise une variété animale, insectes, bactéries...

Les agriculteurs ont remis de la diversité dans leurs champs et dans l’environnement de ceux-ci. Les pieds de blés ne sont plus seuls face à un éventuel prédateur. Celui-ci, dans cet environnement varié, a de grandes chances de trouver son propre ennemi. Il limitera son développement et évitera à l’agriculteur d’intervenir. Si malgré tout une intervention s’avère nécessaire, ce dernier cherchera à perturber le moins possible ce nouvel équilibre. (p.131)

(…) pendant les trente à cinquante années que prendra la transition énergétique, nous allons avoir besoin de séquestrer du carbone de façon massive et rapide pour contenir le réchauffement sous la barre des 2 °C et la seule manière de le faire à un coût raisonnable, c’est la remise en état des terres dégradées.

Barbut (Monique), Les sols, un enjeu climatique majeur, Alternatives Economiques, n° 345 avril 2015, p.65.


Redéfinir les rapports ville-campagne

Le géographe

 

À l’inverse, la ville a évolué vers un réel verdissement, simplement en appliquant ce que la fiscalité la poussait à faire : prendre soin de nous même, en diminuant la production de CO2, et en diminuant drastiquement la pollution.
 Les villes voient leur population décroître légèrement, mais pas leur activité, dopées par la rénovation énergétique et la mutation de l’industrie. Les salaires sont généralement élevés, la main-d’œuvre de qualité. Les banlieues à problèmes ont progressivement fondu. (p.143)

... 

 

 

 

Ainsi, en douceur, la Métamorphose a inversé les flux, ou plutôt le solde des flux. Les aller-retours sont devenus bien plus courants que par le passé, générant des échanges, culturels, technologiques et économiques.
 Nous avons vaincu l’exclusion en concentrant les moyens de la solidarité dans les zones rurales. Les solutions sont trouvées localement, à partir du moment où une dynamique est initiée. Dans chaque commune d’accueil, les systèmes se sont organisés, retissant sans cesse du lien social, insérant les personnes en difficulté, créant des PME.(p.143)